MARIO LUPO ET RUBEN MORALES

Argentine : une officine gouvernementale consacrée à l’étude des ovnis !

LA COMMISSION OFFICIELLE OVNI AU SEIN DE L’ARMÉE DE L’AIR EN ARGENTINE : UN AUDIT ET UNE MEILLEURE COMMUNICATION VIS-À-VIS DU PUBLIC SONT A METTRE EN PLACE RAPIDEMENT

Par Mario Lupo et le Professeur Ruben Morales

Traduction et adaptation de Gérard Lebat

Mario Lupo et le Professeur Ruben Morales sont des personnalités connues et influentes en Argentine. Ils sont les fondateurs des Cafés Ufologiques  qui ont été ouverts dans ce pays avec les conseils et le concept appliqué par Gérard Lebat à l’organisation du réseau des Rencontres Ufologiques qu’il a mis en place en France à partir de 2004. Le Professeur Ruben Morales est aussi un « ufologue » de longue date, plusieurs décennies consacrées à l’étude du phénomène ovni. Ils se sont fortement impliqués dans le suivi de la commission officielle, ont proposé leur collaboration, mais, depuis sa création : rien, aucune publication !

Il y a déjà trois ans que la télévision a annoncé la création d'un comité au sein de  l’Armée de l'Air de l’Argentine qui devait se consacrer à l’étude des ovnis. Il est  toujours en vigueur.  À  notre grand regret, nous exprimions en 2012 : «Le comité n'a pas publié à ce jour  un seul rapport technique, n’a pas fait connaître la méthodologie qu’il comptait mettre en place, n'a pas distribué de tracts pour lancer des appels à témoin ou présenter l’objet de son étude, en bref aucune action et aucun rapport à commenter. Il est frappant de constater que cet organisme officiel, qui a fait l’objet d’une médiatisation importante lors de sa création,  n’a pas donné depuis ce jour signe de vie, à l’exception d’une information présentée comme un scoop par le plus féroce quotidien, opposant acharné du gouvernement : Clarin ! » 

Cette commission s’est donnée pour nom : CEFAE (Étude des Phénomènes Aérospatiaux), un nom ambigu, car les phénomènes aérospatiaux peuvent varier allant de la météorite à l’accident d’avion, en passant par les nuages et la grêle ! Il aurait été judicieux de choisir un nom plus approprié et dans cet article nous allons citer l’exemple concret de l’organisation mise en place en France.  Mais il est toutefois connu que la CEFAE a été créée pour enquêter sur les ovnis, quel que soit le type d’ovni, à tel  point que des enquêteurs ufologues civils ont été nommés comme conseiller au sein de cette organisation.

L'article 2 de la résolution fondatrice affirme que son objectif est «d’informer l'institution (donc l’Air Force) sur les questions liées aux phénomènes aérospatiaux et les observations qu’ils n’ont pas été en mesure de solutionner ».  Le 5 mai 2011, le général de brigade Norman Constantine a signé la résolution qui formalisait la destination de ses rapports qu’il devait impérativement diriger sur le Secrétariat général de l'état-major de la Force Aérienne l’Argentine.

Le battage médiatique a commencé plus tôt, en Décembre 2010, avec un rapport du commandant William Daniel Tealdi, qui a ensuite été identifié comme futur chef de ce bureau. Toutefois, ce bureau a été en définitive occupé par le capitaine Mariano Mohaupt , porte-parole de la presse pour la Force aérienne , et plus tard par le Commandant William Oscar Aloi , ainsi que l’annonce le quotidien Clarin du 17 avril 2012. Et il est à noter que chaque fois qu’il y a eu une annonce importante sur le sujet, elle a été publiée en  exclusivité et en double page par le journal « Magnetto ».

Il est faux de présenter cet organisme comme une importante structure officielle qui fait un travail de qualité. Il est même probable que le président n'est même pas au courant de l'existence de cette agence d’état, ce qui semble curieux. En tant que citoyen, que penseriez-vous si  vous aviez connaissance d’une telle agence, qui est un service s’occupant des soucoupes volantes, mais qui ne produit aucune étude, aucun rapport en trois années d’existence.  Les quelques nouvelles que nous avons, ce sont les publications faites par « Clarin ». Elles ont conduit à de fortes critiques sur les réseaux sociaux de la part des personnes qui étudient le phénomène ovni.

Notons que sur la page d'index du site, au niveau du logo de l'Armée de l'air, il a été retiré le lien « CEFAE » reliant un formulaire destiné à soumettre des rapports d'observations étranges. On suppose que la direction de l’armée de l’air n’est plus en accord avec l’existence de cette commission, et certains imaginent même que la commission n’aurait aucune base légale ou officielle.

Cette situation n’est donc pas claire, elle exige une solution politiques  et notamment en ce qui concerne les communications vers le public qui sont actuellement inexistantes. Pour satisfaire à ces exigences élémentaires, pas besoin d'inventer quoi que ce soit, il suffit de diffuser le bilan de ce qui a été étudié, que ce soit positif ou non, comme le fait la commission officielle sur les OVNIS la plus prestigieuses dans le monde : le GEIPAN français. Cet organisme relève du Centre national d'études spatiales (CNES), l'agence spatiale française. Initialement appelé GEPAN (Groupe d'Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) cette appellation  en 1988 a été remplacée par le SEPRA, (Service d’Études  sur les Phénomènes de Rentrée Atmosphériques) qui devait alors analyser les observations relatives à tout ce qui provient de l’espace, résidus de fusées ou de satellites et bien entendu les OVNI.  En utilisant ce nom, on a tenté de mettre en évidence un profile moins tendancieux, mais en même temps il s’est posé le problème de son financement, doté alors d’un budget irrégulier, insuffisant et imprévisible.

À la fin de 2001, la direction générale du CNES a ordonné un audit destiné à évaluer s'il convient de poursuivre ou non les activités de cet organisme. Ce fut un point décisif pour l’avenir du SEPRA. Cette vérification minutieuse a sauvé quelque chose qui  était alors en dehors des préoccupations de l'institution : l'intérêt permanent du public sur la question des OVNI et ses revendications  logiques de transparence et d'information de la part des autorités. Les conclusions de cet audit furent positives. Ainsi, en 2005, une restructuration totale de l’organisme a été faite en lui donnant le nom du GEIPAN (Groupe d'Études et d'Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), similaire à l'acronyme du GEPAN d’autrefois. Toutefois l’ajout du mot «  information » est important, la direction du CNES l’a recommandée, ce qui met un accent particulier sur l’information du public en toute transparence.  Pour satisfaire à cette mission, les archives du GEIPAN ont été mises en ligne via un site internet. Le GEIPAN s’est également orienté vers plusieurs voies  complémentaires de communication afin de satisfaire les citoyens : brochures, conférences et une relation étroite et fréquente avec la presse.

En Argentine on devrait faire exactement la même chose, un audit est urgent à mettre en place pour définir  la technique à employer, les moyens humains nécessaires et les ressources économiques et documentaires de cette commission qui n'a émis aucun rapport en trois ans. Cet audit permettrait  de définir quelque chose de nouveau, avec une orientation claire sur son travail, ses  objectifs et une transparence de l’information vis-à-vis du public. Ceci permettrait de clarifier une situation ubuesque, comme par exemple ceux qui se vantent  d’être des collaborateurs de la commission officielle et qui en parallèle vont recueillir des signatures via des pétitions, demandant au  gouvernement de déclassifier les «  X-Files » !  Ils prétendent d’un côté collaborer et d’un autre côté ils demandent au gouvernement  une totale transparence sur les dossiers ovnis toujours classés « top secret » auxquels, si vraiment leur collaboration était effective, ils devraient avoir accès….  Il est temps de vérifier ce qui existe réellement dans ces hypothétiques archives et de faire tous les changements utiles au niveau des objectifs, des ressources, des moyens humains afin de relancer la « machine ».  C’était pourtant lors de sa création une excellente idée, mais qui n’a pas porté ses fruits après trois années. Cette nouvelle commission implique une décision politique qui doit être fondée sur des valeurs démocratiques visant à informer les citoyens en toute transparence, une décision qui exige une certaine maturité, y compris dans la critique. Inutile d’avoir recours à des insultes ou à compliquer l’organisation par une bureaucratie importante qui neutraliserait l’efficacité de l’organisme et le mettrait en difficulté pour accomplir sa mission.

C’est la demande que nous formulons clairement et sur laquelle nous souhaitons avoir rapidement satisfaction.

Informations complémentaires sur le site : http://www.les-rencontres-ufologiques.com page des cafés Ufologiques de Buénos Aires.